Atelier de création libertaire Les éditions Atelier de création libertaire
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- coédition Atelier de création libertaire et À plus d’un titre éditions
- avril 2011
- 123 pages
- prix de vente public : 10,00 EUR
- ISBN : 978-2-35104-044-7
- nos références : 171

Du même auteur :
PUCCIARELLI Mimmo
Rêves et passions d’un chercheur militant
La presse alternative entre la culture de l’émancipation et les chemins de l’utopie
Engagement libertaire & organisations anarchistes
Ici on ne vend pas d’anarchie
Claire l’enragée
L’anarchisme en personnes
La Croix-Rousse alternative
Pierre Ansart & l’anarchisme proudhonien
Lyon et l’esprit proudhonien
Lina Crétet
IRL 90
L’anarchisme a-t-il un avenir ?
Les incendiaires de l’imaginaire
L’imaginaire des libertaires aujourd’hui
La culture libertaire
Le rêve au quotidien
Interrogations sur l’autogestion
 


PUCCIARELLI Mimmo et SIZAIRE Anne

Une vie au-delà du texte
Jean-Louis Carron 1922-2008

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Qui est Jean-Louis Carron ? Un homme ordinaire, tout simplement, qui a traversé le XXe siècle, avec une volonté, peut-être un peu plus forte que d’autres, de rester lucide, surtout, libre.

La liberté apparaît en effet comme la ligne transversale qui parcourt toute sa vie. Liberté, malgré la pension dès l’âge de dix ans, malgré le « lager » – camp – nazi, dix ans plus tard. Liberté, malgré le poids/la matérialité du quotidien et malgré le temps qui passe.

La liberté est par conséquent le fil rouge de cette biographie. Et en particulier la liberté de penser.

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Introduction

Nous avons connu Jean-Louis Carron (1922/2008) au début des années 2000 autour de ce milieu alternatif qui se retrouvait dans les locaux enivrants de poésie, utopie et autres initiatives culturelles et politiques pendant une douzaine d’années, de la librairie « A plus d’un titre ».
Puis, nous avions exprimé ensemble notre perplexité politique lors des élections municipales de 2001 en soutenant la liste qui reprenait ce même nom. En réalité, nous avions été fascinés par cette figure qui ne cherchait pas tant la gloire sous la forme d’une quelconque reconnaissance sociale, mais plutôt la force de ces liens qui peuvent se tisser entre les personnes qui cherchent l’essence de la vie, de la liberté, de l’amitié par delà des mots, des images, de ces imaginaires que nous cultivons dans nos petits grands cœurs.
Lors de nos premières rencontres il nous avait distillé un peu de son parcours dans nos verres souvent pleins de vin blanc que nous savourions collectivement face à la Saône. Mais cela ne pouvait nous suffire, c’est pourquoi nous lui avons demandé de nous raconter son histoire.
Ce qu’il a fait, après avoir exprimé quelque réticence, et après avoir scruté intensément notre regard qui s’enrobait de curiosité... mais qui au fond voulait surtout restituer la couleur de l’amitié. Nous avons donc convenu de réaliser des entretiens que nous avons faits chez lui entre fin 2006 et début 2007 [1].

Qui est Jean-Louis Carron ? Un homme ordinaire, tout simplement, qui a traversé le XXe siècle, avec une volonté, peut-être un peu plus forte que d’autres, de rester lucide, surtout, libre.
La liberté apparaît en effet comme la ligne transversale qui parcourt toute sa vie. Liberté, malgré la pension dès l’âge de dix ans, malgré le « lager » - camp – nazi, dix ans plus tard. Liberté, malgré le poids/la matérialité du quotidien et malgré le temps qui passe.
La liberté est par conséquent le fil rouge de cette biographie. Et en particulier la liberté de penser.
Une drôle d’enfance sous le double signe de la prodigalité et l’isolement. Voire de l’exclusion – la pension – et l’exaltation avec la guerre d’Espagne.
Une jeunesse riche en rencontres, notamment avec les républicains espagnols, et les chrétiens de la « Chronique sociale »
Une jeunesse aussi malmenée par la guerre et la découverte de l’univers concentrationnaire (avoir vingt et un ans à Mauthausen…).
Un âge adulte sous le signe de l’euphorie de l’après-guerre, de la liberté retrouvée. Mais aussi le temps du questionnement :
« Personne n’est héritier de la Shoah, personne, personne. Les six millions de morts, ils sont là. On n’a pas le droit d’y toucher mais ils sont là, on vit dessus. C’est hélas, quelque chose dont on a hérité, que personne ne peut enlever, et dont personne ne peut se servir. »
Un homme curieux de tout, du peuplier comme de Mai 68…
«  C’est l’atmosphère générale de “68’’ qui m’a marqué. Comme une forme de liberté. Liberté sexuelle, mais pas seulement. Après, les choses n’ont jamais été exactement comme avant. »
Un homme qui prolonge sa réflexion sur la vie et le destin humain à travers la peinture : « Picasso, Giacometti, Braque ou les Lumières de Bonart. Pour moi, tout ça fait partie du même élan de l’homme. Cela fait partie de ce qu’il est, de ce qu’est l’homme. Cet élan, je ne sais pas, c’est quelque chose qui rend libre. C’est la liberté, plus que toute autre chose.

Alors ?

Alors, quoi ?
C’est quoi une vie ?
« C’est un peu ridicule, de prendre les choses chronologiquement » dit Jean-Louis.
Comment raconter une vie ? Par quel « bout » commencer ?
«  Dans une biographie, je ne sais pas si c’est très intéressant de suivre une chronologie quelconque, en fait ça n’apporte rien : des détails, des dates.
Et en même temps, il y a des ponts : une blessure quand tu as quinze ans tu l’oublies en huit jours. Mais il peut très bien arriver, il arrive d’ailleurs que trente ans après, elle te fasse souffrir. Non pas une grosse souffrance mais une douleur insidieuse, récurrente…
La chronologie, peut-être que ça ne sert à rien et peut-être que non : peut-être que tout est important. »
Il y a ainsi des dates ou évènements qui n’ont aucune conséquence au départ et qui en ont une après, plus loin dans la vie, parfois des années après.
Quand on regarde en arrière, il y a des évènements, des moments, voire des instants, qui émergent comme la cime des montagnes au-dessus de la brume du quotidien.
Idée de réfléchir sa vie : la revoir comme dans un miroir. Alors certaines rencontres ont plus de reflets que d’autres.
Idée de réfléchir sa vie : la renvoyer aux autres, miroir (ou fil d’Ariane) pour ceux qui arrivent.


NOTES :

[1] . Ces entretiens réalisés par Mimmo Pucciarelli, ont été ensuite retranscrits par Cindy Morillas et mise en forme par Anne Sizaire.




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